6.11.09

Chapitre IV


Ma vie de célibataire


Voilà bien longtemps que je n'ai pas posté cher lecteur, et je m'en excuse (enfin pour les trois glandus que ça intéresse !). Il faut dire que je suis très occupé ces derniers temps, il y a bien sûr les cours, le projet de diaporama à préparer (j'en vous en parlerai plus tard), les TD, et bien sûr mon rôle de ménagère à tenir !
Il est vrai que la vie de célibataire comporte de nombreux avantages que certains n'ont jamais eu la chance de connaître. Attention ce qui va suivre ne pourra être compris par les vieux couples, ceux dont la routine a depuis longtemps étouffé le sex appeal ; vous ne comprendrez donc pas la subtilité de mon humour !
Mais alors lecteur, tu me diras : "Mais quels sont ces avantages?!"

....... Non? Tant pis je le fais pour toi :


" MAIS QUELS SONT CES AVANTAGES?! "


Merci de cette très judicieuse question ! Tout d'abord c'est la liberté de mouvement, et d'action totale ! Je peux par exemple me balader nu dans mon appartement sans risquer de provoquer de désir brûlant chez quelqu'un grâce à mon corps d'athlète (à la retraite). Bon je dois avouer personnellement que ce n'est pas une activité que j'affectionne particulièrement, car je n'aime pas vraiment sentir mon Woody trop libre (oui les grands espaces ont tendance à l'effrayer. Que puis-je faire? Il n'a jamais eu la folie des grandeurs...).

Je peux aussi boire à la bouteille, coller mes mickeys sous le bureau, mettre des miettes partout, manger ce qui me plaît, péter quand j'en ai envie et m'enivrer de mon odeur, esquiver le coup de la migraine le samedi soir, laisser des poils dans la douche, et le must du must : faire caca la porte ouverte !

Aaaaah la vie de célibataire ! Quel pied ! (enfin quel main aussi, car c'est un membre nécessaire). Mais malgré ce qu'ont pu en dire le petit Marxou et Walt Disney, il n'existe aucune société parfaite, et quand la mouche vole gaiement, la merde n'est jamais très loin (ça c'est ce qu'on peut appeler une métaphore à chier).

Et oui malheureusement qui dit vie de célibataire, dit aussi tâches ménagères (si si ,essayez de le dire vous verrez). Voilà donc plus de trois semaines que je développe un talent tout particulier pour la cuisine, la vaisselle, le ménage, la lessive et le repassage!
Pour la cuisine je n'ai aucun soucis, si ce n'est le fait que je dois faire la vaisselle avant , la majeure partie du temps. Mon évier pourrait être comparé à un jeu de Tetris, où les casseroles et les poêles se superposent avec génie pour me permettre de les laver le plus tard possible. Qui a dit que la flemme était une régression de la pensée? Seulement lorsque je construis une ligne de tasse, elles ne se lavent pas toutes seules ! Il s'en suit naturellement la naissance d'un écosystème complet là dessous (la dernière fois j'y ai même retiré un furet en état de décomposition avancé...).
En ce qui concerne le ménage, tout va bien, le balai suffit largement au check-up hebdomadaire. En revanche les choses se gâtent pour la lessive et le repassage. Tout d'abord je dois avoué un talent inné pour identifier de la lessive. Résultat, je suis rentré avec près d'un litre d'assouplissant.

"Pas grave, je penserai à acheter de la vraie lessive quand je retournerai faire mes courses"

Trois semaines plus tard (et les trois lessives "assouplissantes" qui vont avec,) je pense enfin à m'en procurer. A partir de là plus de problème, on appuie sur les boutons, hop hop hop lavage, séchage et on revient. Comment maintenant vous faire assimiler mon niveau d'incompétence en repassage. Disons qu'un fois la tâche accomplie, mes chemises sont encore plus froissées que lors de leur sortie en machine...
M'enfin la vie de célibataire ne s'apprend pas, c'est un état d'esprit !
Dans le prochain chapitre je vous parlerai de ma rentrée, de ma super école et des cours aussi biens que les chaises font mal au cul !


16.10.09

Chapitre III


Mardi 13 et Mercredi 14 octobre 2009 : La pré-rentrée

Nous revoilà à cette fameuse après-midi du 13 octobre. Souviens toi cher lecteur, je venais de recevoir mes affaires et m'apprêtais à sortir pour repérer le lieu de ma pré-rentrée du lendemain.
Il est maintenant 14h30 environ et je n'ai toujours pas mangé, mes affaires sont d'ailleurs restées chambre B613. Je reprends donc l'ascenseur ("Il aurait pu en sauver plus! Il aurait pu en sauver plus !") et me prépare mon super repas limite avarié. J'en profite au passage pour regarder un plan de la ville sur internet. C'est génial internet ! Tu peux même voir les rues dans lesquelles du dois te rendre pour reconnaître plus facilement les lieux. Avec un tel outil, impossible de se perdre ! Pour faciliter la tâche je n'aurais qu'à suivre deux avenues en ligne droite qui me mèneront directement au Musée des Arts Modernes. Oui car quelle utilité de faire une pré-rentrée à l'école je vous le demande?
Moi, bien sûr tu n'en douteras pas, je me suis perdu ! En fait, il me fallait tourner une rue près de la résidence, et cette rue je ne l'ai pas tournée. Plus tôt j'avais noté le nom des avenues, mais dans un élan (j'ai bien cherché une blague à faire en rapport avec un caribou mais j'ai pas trouvé) de confiance en moi, je n'ai pas repéré cette rue. J'ai bien hésité quelques secondes en la voyant mais me suis dit :

"Mon brave, au pire, si tu te trompes, tu pourras bien rattraper l'avenue un peu plus bas"

Oui je l'ai rattrapé plus bas cette avenue.... bien plus bas... je dirais même à un peu plus de 2km plus bas ! Pour ma défense je dois préciser qu'entre la route de Turin et l'avenue, il y a sur la carte une sorte de fleuve qui coupe les deux bords. En fait d'un fleuve, il s'agit en réalité d'une marre croupissante où se baignent des mouettes, entourées de hautes herbes. Malheureusement pour moi l'obstacle, lui, était bien là et le seul passage, je venais de le laisser derrière moi sans le savoir.
Quel bonheur de marcher sous ce soleil et ce ciel bleu par ce mois d'octobre si gris et froid là bas au Nord! (ça c'est juste pour faire chier mes amis nordistes que j'ai laissé derrière moi, c'est gratuit, profitez en). Néanmoins je prends conscience de mon erreur car me voilà détourné de mon objectif, emporté dans un dédale de petites rues enchevêtrées. Pourtant je ne m'inquiète pas, l'endroit est joli, l'ambiance agréable ; les passants vont et viennent au milieu de ruelles vieillissantes et charmantes.

"Si je me perds je trouverais bien un taxi.... Merde j'ai oublié mon portefeuille !"

C'est donc avec un soin tout particulier que j'observe mon chemin pour pouvoir le remonter en cas de pépin (J'avais envie de me remettre à la rime). Je continue de descendre en essayant de rester en parallèle avec mon avenue et voilà t'y pas, qu'après vingt minutes de marche environ, je débouche sur un grand carrefour. Nice est une ville très étonnante par laquelle vous pouvez passer d'un quartier très charmant à un autre très inquiétant, du moins c'est l'impression que j'en ai tiré jusqu'alors.
Bref ! notre affaire n'est pas là. Je devais normalement arriver par l'avenue Gallieni (avec l'accent italien s'il vous plaît) sur l'avenue St Jean Baptiste. Je n'ai jamais eu de chance avec les Saints, cela est certainement du à mon rapport conflictuel avec la religion... Je traverse un carrefour en essayant de rester en vie ; les feux sont excessivement longs, les voitures roulent excessivement vite, et moi je ne suis excessivement pas habitué.
Comme depuis le début de mon voyage, je me laisse aller dans les rues, suivant mon instinct, car comme on me l'a dit un jour :

"Pour découvrir une ville, il faut s'y perdre"

Sage conseil que j'essaye de suivre (sans trop me perdre quand même). Je pense tout de même être sur la bonne voie et mon impression se confirme quand je passe à côté de la rue Defly qui coupe mon avenue perpendiculairement (attention suivez, là on va faire un peu de géométrie, alors on pose ses crayons, on ferme sa trousse, on croise les bras sur sa table et on écoute... Jean Charles enlève tes doigts de ton nez ! Tu crois que je t'ai pas vu? ).
Bien ! Je repère cette rue puisque j'ai pris soin de noter le nom de celles qui entourent mon objectif. Maintenant il s'agit de savoir de quel côté je suis par rapport à cette rue ; si je me trouve bien chez JB ou si je suis sur une avenue parallèle ; si je la monte ou si je la descends. En parallèle à mon avenue il y a trois rues : la rue Penchienatti (toujours avec l'accent italiano), la rue Defly, et l'avenue Cassini en prolongement de cette dernière. Cet ordre se tient à ma droite à condition de descendre sur Jean Baptiste. Je continue donc d'avancer, si après la rue Defly je tombe sur la rue Penchienatti, c'est que je ne suis pas du bon côté.
Heureusement je me rends compte que la rue Penchienatti est derrière moi et j'arrive enfin quelques minutes plus tard au super Musée des Arts Modernes et d'Arts Contemporain (alias MAMAC) de Nice sous la jolie traverse Garibaldi !
Lieu très culturel de la ville ce MAMAC, puisqu'il renferme à lui seul, un musée, un théâtre, une bibliothèque et une filmothèque (j'oublie le véritable nom mais vous aurez compris) et certainement encore d'autres choses. Je monte un peu, trouve rapidement mon auditorium et tente de repartir par le chemin que je devais initialement emprunter.
Tout se passe bien, malgré sa longueur, le chemin est toujours droit et très simple, il suffit juste de ne pas se tromper à nouveau sur cette petite rue qui nous a tant fait défaut. Bien sûr, je l'ai encore une fois loupé ! En fait cette rue se situe en prolongement d'un carrefour, carrefour que j'ai traversé, mais pas dans le bon sens. Me revoilà parti je ne sais où, et c'est plus tard que je prendrai connaissance du nouveau détour que j'ai fait.
Cette fois, j'ai me suis bien cru perdu ! Je reconnaissais bien les quartiers (un peu salubres et tristes) et savais que Les Lauréades étaient proches, mais je ne reconnaissais aucune rue, aucun bâtiment et ne savais plus par où aller puisque mon détour forme un grand arc de cercle qui avait totalement brouillé mon sens de l'orientation.
Finalement je réussie à débouche sur ma jolie route de Turin et regagne mon studio.

"Hey Schindler ! Content de te revoir ! Me voilà bien fatigué!"

Oui, car après de multiples détours, je reviens plus de deux heures après mon départ, mais en connaissant mieux la ville et en sachant m'y repérer à peu près.
En entrant je remarque mes cartons vides empilés, et voilà votre humble serviteur affublé d'une nouvelle mission. Je l'ai nommé : ... Ouais bon j'avoue je l'ai pas nommée, et là rien ne me vient à l'esprit.
Avec un zèle presque insolent, j'écrase toutes ces boîtes et les transportent au rez de chaussé, direction le local à poubelle, que je découvre pour la première fois. Imagine cher lecteur, une porte, derrière cette porte un sas et au bout de ce sas une deuxième porte. Jusqu'ici tout va bien, "mais ce qui compte c'est pas la chute c'est l'atterrissage" me diras-tu ! Eh oui ! Mais arrête de regarder les films de Matthieu Kassovitz. L'atterrissage mon ami, se présente comme ceci (ouvrons la porte , grouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!) : un vieux parking couvert assez glauque, sale et désert. Juste à côté de la porte qui vient de se refermer (grouiiiiiiiii clac !) se trouve une autre porte. Nous l'ouvrons et là nous découvrons le local à poubelle, sorte de pièce carrée malodorante et triste, éclairée par un néon, dans laquelle repose contre les murs de grandes poubelles en cercle. En soit un véritable coupe gorge qu'on aimerait quitter le plus rapidement possible de peur de se faire brutalement violer entre les serviettes usagées de la voisine et le dernier magazine Ikea du mois.
Nous arrivons au mercredi matin, jour de ma superbe pré-rentrée ! Vite j'avale rapidement mes chocapics, et vais prendre ma douche. Évidement sans électricité, je dois me contenter d'une douche froide. J'en sors complètement frigorifié, le ziguigui qui boude et les membres tremblants. Je pars chez JB ! Hop je ne loupe pas la rue, trouve l'avenue, et trente petites minutes plus tard j'arrive au MAMAC, devant l'auditorium où attend patiemment une centaine d'étudiants, la mine renfrognée. Je prends l'air de circonstance, et me trouve une place près d'une "œuvre" contemporaine, dont j'ai oublié le nom, mais représentant des sortes de fûts en cuivre découpés et placés de travers. J'essaye de lui trouver, pendant un instant, une signification, mais comprenant que cela me sera impossible ,j'abandonne rapidement (moi et l'art contemporain, ça n'a jamais vraiment collé !).
S'ensuit deux heures de "conférence" un peu inutile nous présentant la ville et l'école, et nous souhaitant la bienvenue, avec un directeur apparemment sympathique, et quatre membres du bureau des élèves (dont un malade et a moitié crevé au bout de la deuxième année, c'est vous dire!) obsédés par la communication ("CO-MMU-NIQUEZ !") et le stage d'insertion qui commence le lendemain (d'après ce que j'ai compris plutôt 4 jours consacrés à la beuverie, où les étudiants pourront faire connaissance en respectant bien sûr les règles élémentaires de la pochetronnerie). Malheureusement pour moi, je n'y participerai pas, ne m'étant pas inscrit à l'avance. On nous livre bien entendu notre emploi du temps et j'apprends que je suis du "Groupe de l'après midi!".

"Bien, je vais pouvoir dormir !"

Je crois que c'est à peu près tout pour cette journée. Programme du lendemain : l'arrivée d'EDF et, ô miracle, de l'électricité dans mon appartement !






15.10.09

Chapitre II


Mardi 13 octobre 2009 : La livraison

On ne peut pas dire que cette première nuit fut mauvaise. J'avais à ma disposition un confortable clic-clac, une superbe couverture pled avec un nounours en relief, et un coussin de canapé dur comme une racine de pin (c'est dure une racine de pin?). Pour parfaire l'ambiance j'avais eu l'idée de laisser la fenêtre et le volet ouverts, pour m'octroyer (Oyé! Oyé!) un minimum de lumière et de bruit et vaincre ainsi mon sentiment de solitude absolue. Enfin, me voilà installé confortablement ! Confortablement...pas tout à fait, si l'on prend en considération cette saloperie de couverture pled chargée en électricité statique qui n'arrêta pas de me coller aux jambes en crépitant de partout. Je dois d'ailleurs noter au passage un phénomène tout à fait extraordinaire pour moi : l'électricité statique, dans le noir, ça fait des petites étincelles bleues ! Si, si, je vous jure ! La couverture s'illuminait comme une girlande quand je bougeais (Voir s'il n'y pas possibilité de fabriquer un truc avec pour Noël).
Je me suis donc mis à songer à un moyen de récupérer cette énergie pour faire fonctionner une ampoule 40Watts, mais malheureusement je crains fort que la puissance n'aurait été suffisante, quand bien même ce magnifique tissu fut affublé d'un super nounours en relief ! C'est donc au beau milieu de ces divagations que j'ai fini par m'endormir.
Je me réveille à 7h30 le mardi matin le moral en hausse. Aujourd'hui c'est la livraison de mes cartons, confiés quatre jours pus tôt à la SERNAM ! Enfin je vais pouvoir confectionner mon chez moi, ranger mes affaires, emplir cet appartement, m'occuper l'esprit. Néanmoins l'heure de la livraison n'était pas indiquée, et j'attends donc patiemment toute la matinée. A midi je mets dans mon sac un hamburger Mmmmh Charal ! et une pizza Soodeboooooo on se souvient surtout du goût ! ; plutôt louches d'ailleurs, après 32h sortis du réfrigérateur... Mais bon n'ayant pour vivres que ces deux seuls repas, et une faim de tous les diables (je ne sais pas combien ils étaient ces diables mais c'était une grosse faim), je m'embarque chambre B613 à l'autre bout de la résidence, mon refuge, mon halo de paix!
Midi c'est la bonne heure pour aller manger je trouve, la pause déjeuner ralentira la livraison et me permettra de m'absenter une petite heure. Je déballe mes affaires lorsqu'une voix s'écrie : "Qui se soucie de moi? Qui se soucie de moiiiiiii! Et je crèèèhèèèveuuuuuuuh! Derrière ta porte je crève ! je crève ! je crève !"

"Cali c'est toi?!"

Non ce n'est pas Cali, mais la sonnerie de mon GSM une fois !

"Binjoureuh ! Je vieng poureuh vous livrer vos paquets heing ! "

Raté! Bon je retourne à la chambre, je crapahute jusqu'à l'autre bout de la résidence, prends l'ascenseur et vais à mon studio.
Ah oui! J'oubliais! Ce fameux ascenseur ! Hahaha! Je l'adore ! En fait je soupçonne que ce n'en est pas un, mais plutôt une machine de la NASA censée entraîner leurs plus vaillants astronautes. Chaque fois que tu montes dedans t'as l'impression de te prendre 8 jets dans la courge. A ne surtout pas prendre après une soirée trop arrosée ! A ce niveau ce n'est plus des petits guiliguilis au ventre, mais d'énormes coups de maillet ! Encore une chose à propos de cet ascenseur ; la dernière fois en attendant qu'il descende j'ai lu la marque de la bestiole et vous ne devinerez jamais le nom... Schindler ! Bien sûr j'ai déjà imaginé, dans l'accès de fièvre délirante qu'est mon imagination, 2000 juifs en sortir sous les acclamations d'un foule en extase, mais pleurant en disant : " Il aurait pu en sauver plus ! Il aurait pu en sauver plus! " Bref fermons la parenthèse.
J'attends donc dans ma chambre l'arrivée du bonhomme quand mon portable sonne une deuxième fois : "Bon Cali ta gueule ! "

"Oui euh c'est aingcoreuh le livreureuh ! Je suis eing bas de chez vous heing, vous pouvez venireuh m'ouvrireuh?"

Bien sûr sonner pour que le gardien vienne ouvrir n'aurait servi à rien (mais bon je l'excuse quand je suis arrivé je n'ai moi même pas trouvé la sonnette). Je reprends donc Schindler, me fais un remake de "2001 l'Odyssée de l'espace" et vais lui ouvrir la grille. Le mec ,très charmant sous ses airs de gros camionneur aux épaules poilues, décharge avec moi les 9 cartons devant M.Schindler et se casse. Merci l'ami !
Sixième voyage , je jongle avec les cartons pour bloquer les portes et emmerde tous les mecs qui appellent l'ascenseur. Enfin je monte et décharge dans le couloir, un dernier coucou à Schindler ("Il aurait pu en sauver plus ! Il aurait pu en sauver plus !"), et je m'en vais tout déballer.
Comment vous présenter la SERNAM en quelques mots? Disons que ses employés sont très certainement illettrés, puisque malgré la notification "FRAGILE" sur chacun des cartons, les poignets sont déchirées et je fais l'inventaire des décès : 1 bol, 1 tasse à café, 1 assiette, et 1 mug.

"Huuuu Pinaise ! Mon bol Simpson !"

Rapide requiem puis je me mets au rangement. Enfin mon appart' ressemble à quelque chose, je déplace quelques meubles, organise un minimum de déco, seul (désolé Valérie mais toi, et ton équipe de télé, m'insupportez !). Voilà mon chez moi. Une dernière tâche à accomplir, faire le lit.
Je tiens tout particulièrement à remercier ma mère dans le choix des couleurs ! Voyez donc : Un drap housse vert pomme, une housse de couette rouge pétant, et des taies d'oreiller mauves. L'ensemble a totalement fait ressortir ma gay attitude, et je me suis, pour un instant, cru défiler sur les champs, des talons aiguilles aux pieds, une robe cintrée rose bonbon et des froufrous volants au milieu d'une foule de gentils homos en délire !
Bref, il me reste encore à vous conter ma merveilleuse sortie au cœur de Nice à la recherche de la place Yves Klein, traverse Garibaldi. Mais la longueur de ce texte est suffisante et je vous donne donc rendez-vous au prochain chapitre dans lequel il sera question d'un local à poubelle inquiétant, d'une excursion plus longue que prévu, d'une pré-rentrée soporifique, d'une douche glaciale, et de l'attente du messie EDF !

14.10.09

Chapitre I



Ciao amici ! Voici le blog qui servira de journal de bord pour tous ceux qui voudront prendre des nouvelles de mes trépidantes tribulations (je sais c'est un pléonasme, mais ça sonne bien, ça fait "sérieux"). Je ne sais pas encore ce que contiendra ce blog exactement, ni s'il sera tenu à jour régulièrement (Ouuuuh ! une rime ! allez j'essaye de terminer le paragraphe comme ça), mais voilà qu'une envie me prend de le faire, et je ne peux non plus vous cacher un projet littéraire (respirez) qui me travaille et qui pourrait bien relever un peu (encore une pause) le niveau de ce bout de web qui ne se prend pas du tout au sérieux (Applaudissements je vous prie!). Affaire à suivre...


Journée du lundi 12 octobre 2009 : L'arrivée


Oui l'arrivée ! Mais qui parle de son arrivée omet de mentionner son départ, car l'un est nécessaire à l'autre, comme vous le savez mes chers enfants. Non? Alors vous êtes biens cons !
Ma journée commence donc à 5h45 lorsque mon réveil sonne affreusement et me tire des deux heures de sommeil que mon insomnie a bien voulu m'accorder. Les préparatifs s'enchaînent et à 6h45 il faut partir. Les "au revoir" de circonstance, plein d'émotions refoulées fusent :

"Au revoir maman, au revoir chérie, au revoir le chien ! "

Je saute dans le camion du patriarche et nous voilà partis pour la gare TGV Haute Picardie (et me voilà qui me remets à la poésie!). Après dix ou quinze minutes d'attente glaciale sur le quai (et oui quand on veut jouer les dandy avec une belle veste et une chemise on se laisse vaillamment piller les tétons), voilà le train qui se gare (Haha! Vous avez compris? Hum! Hum! Oui bon...).
Me voici en deux heures trente à peine à Lyon. Correspondance trente minutes plus tard et nous voilà en route pour quatre heures en direction de Nice. Oui quatre heures puisque nous avons longé la côté, de Marseille, en passant par Toulon, Cannes, enfin toutes les grandes villes côtières, jusqu'au terminus tant attendu. Enfin je la découvre donc pour la première fois cette ville dans laquelle je vais passer deux mois et demi seul. Rapidement je trouve une borne de taxi, mais n'ayant jamais tâter la bête, j'observe l'air de rien de mon œil de lynx (malade) la situation en faisant mine d'attendre tranquillement dans un coin, le portable à la main (Oui pour avoir l'air moins con, c'est une ruse psychologique tout ça ! ).
Tout à coup, soudain, brusquement, me sentant prêt je me lance :

"Tango Charly ! Tango Charly! J'ai repéré ma cible ! Tango Charly! Tango Charly ! Mais bordel, où est Charly?!"

Petit signe timide de la main, mon homme descend, me salue de sone accaing chaingtaing ("de son accent chantant" pour les néophytes), enferme ma valise dans le coffre, et m'embarque destination :

"Les Lauréades, 36 rue... euh route de Turin..."

"Les quoi?"

"Les Lauréades, une résidence universitaire..."

"Ah oui heing, je crois voireuh où ça se situe heing ! "

Outre son accent ridicule (oui le picard est bien plus raffiné, n'est-il pas?), le monsieur me tient la conversation tout le trajet, et me donne même des conseils sur les trajets et transports que j'aurai à emprunter plus tard. Que serait le métier de taxi sans sa valeur sociale? Merci monsieur, c'est bien gentil à vous. Tenez, vos 20 euros !
Me voici enfin devant mes Lauréades. Le gardien (qui parle normalement, enfin il faudra définir la notion de normalité dans cette région d'un point de vue de l'accent, je vous promets de vous donner des nouvelles quand j'en saurais un peu plus) vient m'ouvrir et nous partons faire l'état des lieux du studio que je vais voir pour la première fois (oui je n'avais vu qu'un modèle en vidéo). Pas dégueulasse dis donc, ce serait presque beau et agréable même ! Je m'étonne d'avoir autant le moral, quand tout à coup, soudain, brusquement, le bonhomme s'écrit :

"Putain EDF a coupé le compteur, quelle bande de gros enculés ! "

Bon d'accord il ne l'a pas dit comme ça, mais je trouve que ça donne du caractère au personnage!

"Je vais vous donner leur putain d'numéro, il faudra appeler ces connards pour leur demander de venir remettre cette électricité de merde !"

Me voilà bien triste mes chers lecteurs, imaginez donc le désappointement de votre humble serviteur quand il apprend de la bouche de sa mère (oui appeler EDF d'un potable ça douille ! ) qu'il passeront seulement jeudi après-midi, soit trois jours plus tard!

"Et mon pc alors? La batterie ne tiendra pas plus de deux heures ! Et internet?!! Et La nourriture?!!! Et Jérôme Kerviel?!!!!"

Je vous épargne le passage du moral au plus bas pour vous mener à l'épisode où il remonte un peu. Le gardien revient une heure plus tard et me donne les clefs d'un studio libre pour que je puisse "manger, me laver et passer un peu de temps le soir". Le soir venu (vous avez noté la transition?), je m'installe dans cet appartement et branche mon modem loué juste avant ; un tout petit appareil pas plus grand qu'une gameboy pocket et qui vous fourni une petite connexion pas dégueulasse du tout pour une euro par mois. En fait d'un modem, il s'agit plutôt d'un kit de survie du geek en milieu hostile, c'est à dire en société (exactement ce dont j'avais besoin).
La journée se termine donc par la création de ce blog, et je vais me coucher à 23h dans un studio plongé dans la pénombre, et entamer une petite déprime d'une heure qui me plonge
dans les bras de "Morphéus et coutumes", après une journée si fatigante !