Mardi 13 et Mercredi 14 octobre 2009 : La pré-rentrée
Nous revoilà à cette fameuse après-midi du 13 octobre. Souviens toi cher lecteur, je venais de recevoir mes affaires et m'apprêtais à sortir pour repérer le lieu de ma pré-rentrée du lendemain.
Il est maintenant 14h30 environ et je n'ai toujours pas mangé, mes affaires sont d'ailleurs restées chambre B613. Je reprends donc l'ascenseur ("Il aurait pu en sauver plus! Il aurait pu en sauver plus !") et me prépare mon super repas limite avarié. J'en profite au passage pour regarder un plan de la ville sur internet. C'est génial internet ! Tu peux même voir les rues dans lesquelles du dois te rendre pour reconnaître plus facilement les lieux. Avec un tel outil, impossible de se perdre ! Pour faciliter la tâche je n'aurais qu'à suivre deux avenues en ligne droite qui me mèneront directement au Musée des Arts Modernes. Oui car quelle utilité de faire une pré-rentrée à l'école je vous le demande?
Moi, bien sûr tu n'en douteras pas, je me suis perdu ! En fait, il me fallait tourner une rue près de la résidence, et cette rue je ne l'ai pas tournée. Plus tôt j'avais noté le nom des avenues, mais dans un élan (j'ai bien cherché une blague à faire en rapport avec un caribou mais j'ai pas trouvé) de confiance en moi, je n'ai pas repéré cette rue. J'ai bien hésité quelques secondes en la voyant mais me suis dit :
"Mon brave, au pire, si tu te trompes, tu pourras bien rattraper l'avenue un peu plus bas"
Oui je l'ai rattrapé plus bas cette avenue.... bien plus bas... je dirais même à un peu plus de 2km plus bas ! Pour ma défense je dois préciser qu'entre la route de Turin et l'avenue, il y a sur la carte une sorte de fleuve qui coupe les deux bords. En fait d'un fleuve, il s'agit en réalité d'une marre croupissante où se baignent des mouettes, entourées de hautes herbes. Malheureusement pour moi l'obstacle, lui, était bien là et le seul passage, je venais de le laisser derrière moi sans le savoir.
Quel bonheur de marcher sous ce soleil et ce ciel bleu par ce mois d'octobre si gris et froid là bas au Nord! (ça c'est juste pour faire chier mes amis nordistes que j'ai laissé derrière moi, c'est gratuit, profitez en). Néanmoins je prends conscience de mon erreur car me voilà détourné de mon objectif, emporté dans un dédale de petites rues enchevêtrées. Pourtant je ne m'inquiète pas, l'endroit est joli, l'ambiance agréable ; les passants vont et viennent au milieu de ruelles vieillissantes et charmantes.
"Si je me perds je trouverais bien un taxi.... Merde j'ai oublié mon portefeuille !"
C'est donc avec un soin tout particulier que j'observe mon chemin pour pouvoir le remonter en cas de pépin (J'avais envie de me remettre à la rime). Je continue de descendre en essayant de rester en parallèle avec mon avenue et voilà t'y pas, qu'après vingt minutes de marche environ, je débouche sur un grand carrefour. Nice est une ville très étonnante par laquelle vous pouvez passer d'un quartier très charmant à un autre très inquiétant, du moins c'est l'impression que j'en ai tiré jusqu'alors.
Bref ! notre affaire n'est pas là. Je devais normalement arriver par l'avenue Gallieni (avec l'accent italien s'il vous plaît) sur l'avenue St Jean Baptiste. Je n'ai jamais eu de chance avec les Saints, cela est certainement du à mon rapport conflictuel avec la religion... Je traverse un carrefour en essayant de rester en vie ; les feux sont excessivement longs, les voitures roulent excessivement vite, et moi je ne suis excessivement pas habitué.
Comme depuis le début de mon voyage, je me laisse aller dans les rues, suivant mon instinct, car comme on me l'a dit un jour :
"Pour découvrir une ville, il faut s'y perdre"
Sage conseil que j'essaye de suivre (sans trop me perdre quand même). Je pense tout de même être sur la bonne voie et mon impression se confirme quand je passe à côté de la rue Defly qui coupe mon avenue perpendiculairement (attention suivez, là on va faire un peu de géométrie, alors on pose ses crayons, on ferme sa trousse, on croise les bras sur sa table et on écoute... Jean Charles enlève tes doigts de ton nez ! Tu crois que je t'ai pas vu? ).
Bien ! Je repère cette rue puisque j'ai pris soin de noter le nom de celles qui entourent mon objectif. Maintenant il s'agit de savoir de quel côté je suis par rapport à cette rue ; si je me trouve bien chez JB ou si je suis sur une avenue parallèle ; si je la monte ou si je la descends. En parallèle à mon avenue il y a trois rues : la rue Penchienatti (toujours avec l'accent italiano), la rue Defly, et l'avenue Cassini en prolongement de cette dernière. Cet ordre se tient à ma droite à condition de descendre sur Jean Baptiste. Je continue donc d'avancer, si après la rue Defly je tombe sur la rue Penchienatti, c'est que je ne suis pas du bon côté.
Heureusement je me rends compte que la rue Penchienatti est derrière moi et j'arrive enfin quelques minutes plus tard au super Musée des Arts Modernes et d'Arts Contemporain (alias MAMAC) de Nice sous la jolie traverse Garibaldi !
Lieu très culturel de la ville ce MAMAC, puisqu'il renferme à lui seul, un musée, un théâtre, une bibliothèque et une filmothèque (j'oublie le véritable nom mais vous aurez compris) et certainement encore d'autres choses. Je monte un peu, trouve rapidement mon auditorium et tente de repartir par le chemin que je devais initialement emprunter.
Tout se passe bien, malgré sa longueur, le chemin est toujours droit et très simple, il suffit juste de ne pas se tromper à nouveau sur cette petite rue qui nous a tant fait défaut. Bien sûr, je l'ai encore une fois loupé ! En fait cette rue se situe en prolongement d'un carrefour, carrefour que j'ai traversé, mais pas dans le bon sens. Me revoilà parti je ne sais où, et c'est plus tard que je prendrai connaissance du nouveau détour que j'ai fait.
Cette fois, j'ai me suis bien cru perdu ! Je reconnaissais bien les quartiers (un peu salubres et tristes) et savais que Les Lauréades étaient proches, mais je ne reconnaissais aucune rue, aucun bâtiment et ne savais plus par où aller puisque mon détour forme un grand arc de cercle qui avait totalement brouillé mon sens de l'orientation.
Finalement je réussie à débouche sur ma jolie route de Turin et regagne mon studio.
"Hey Schindler ! Content de te revoir ! Me voilà bien fatigué!"
Oui, car après de multiples détours, je reviens plus de deux heures après mon départ, mais en connaissant mieux la ville et en sachant m'y repérer à peu près.
En entrant je remarque mes cartons vides empilés, et voilà votre humble serviteur affublé d'une nouvelle mission. Je l'ai nommé : ... Ouais bon j'avoue je l'ai pas nommée, et là rien ne me vient à l'esprit.
Avec un zèle presque insolent, j'écrase toutes ces boîtes et les transportent au rez de chaussé, direction le local à poubelle, que je découvre pour la première fois. Imagine cher lecteur, une porte, derrière cette porte un sas et au bout de ce sas une deuxième porte. Jusqu'ici tout va bien, "mais ce qui compte c'est pas la chute c'est l'atterrissage" me diras-tu ! Eh oui ! Mais arrête de regarder les films de Matthieu Kassovitz. L'atterrissage mon ami, se présente comme ceci (ouvrons la porte , grouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!) : un vieux parking couvert assez glauque, sale et désert. Juste à côté de la porte qui vient de se refermer (grouiiiiiiiii clac !) se trouve une autre porte. Nous l'ouvrons et là nous découvrons le local à poubelle, sorte de pièce carrée malodorante et triste, éclairée par un néon, dans laquelle repose contre les murs de grandes poubelles en cercle. En soit un véritable coupe gorge qu'on aimerait quitter le plus rapidement possible de peur de se faire brutalement violer entre les serviettes usagées de la voisine et le dernier magazine Ikea du mois.
Nous arrivons au mercredi matin, jour de ma superbe pré-rentrée ! Vite j'avale rapidement mes chocapics, et vais prendre ma douche. Évidement sans électricité, je dois me contenter d'une douche froide. J'en sors complètement frigorifié, le ziguigui qui boude et les membres tremblants. Je pars chez JB ! Hop je ne loupe pas la rue, trouve l'avenue, et trente petites minutes plus tard j'arrive au MAMAC, devant l'auditorium où attend patiemment une centaine d'étudiants, la mine renfrognée. Je prends l'air de circonstance, et me trouve une place près d'une "œuvre" contemporaine, dont j'ai oublié le nom, mais représentant des sortes de fûts en cuivre découpés et placés de travers. J'essaye de lui trouver, pendant un instant, une signification, mais comprenant que cela me sera impossible ,j'abandonne rapidement (moi et l'art contemporain, ça n'a jamais vraiment collé !).
S'ensuit deux heures de "conférence" un peu inutile nous présentant la ville et l'école, et nous souhaitant la bienvenue, avec un directeur apparemment sympathique, et quatre membres du bureau des élèves (dont un malade et a moitié crevé au bout de la deuxième année, c'est vous dire!) obsédés par la communication ("CO-MMU-NIQUEZ !") et le stage d'insertion qui commence le lendemain (d'après ce que j'ai compris plutôt 4 jours consacrés à la beuverie, où les étudiants pourront faire connaissance en respectant bien sûr les règles élémentaires de la pochetronnerie). Malheureusement pour moi, je n'y participerai pas, ne m'étant pas inscrit à l'avance. On nous livre bien entendu notre emploi du temps et j'apprends que je suis du "Groupe de l'après midi!".
"Bien, je vais pouvoir dormir !"
Je crois que c'est à peu près tout pour cette journée. Programme du lendemain : l'arrivée d'EDF et, ô miracle, de l'électricité dans mon appartement !