13.5.11

Les portes s’ouvrent et je rentre. Je prends l’air de circonstance. C'est-à-dire que je tire la gueule. J’esquive une grosse femme noire, je passe mon ticket, et je me cale dans un coin, un peu en retrait. J’ai de la musique dans les oreilles, et un livre dans une main. On part.

Il fait lourd. Je me mets vite à transpirer. J’ouvre le livre. Il n’y a pas de marque page. Inutile, je retrouve toujours la bonne page. Je lis. Les premières phrases sont séduisantes, enfin une bonne chronique, quelque chose à en tirer. Des émotions.

La chaleur m’accable et m’empêche de me concentrer. Je pense aux gens. Le texte devient fade. Un gosse chiale à côté de moi. Je déteste les gosses, surtout en ce moment. Je continue de lire, mais mon esprit décroche. J’insiste quand même, et je me perds. Mes mains grasses glissent sur la couverture. On s’arrête.

Ca rentre, ça sort. On repart.

Le gosse continue d’hurler. La mère discute avec une autre, les mains posées sur la poussette, huileuse. Je ferme le livre. Il n’y a toujours pas de marque page. Je n’ai rien compris. Il y a toujours la musique. Il y a toujours les gens. Ca remonte, ça redescend.

Les femmes sont en jupe, en robe. Elles portent des décolletés. Il y en a des jolies. Des très jolies même. Mais interdit d’y toucher, c’est tout juste si on a le droit de regarder en se sentant coupable. Concupiscence. Les peaux suintent, dégoulinent, expulsent leurs relents fétides. Les gens sont dégueulasses. Moi aussi surement, mais ça ne me dérange pas.

La musique s’arrête. Plus de batterie. Merde. Je suis forcé de me mêler à eux. Leurs odeurs, leurs conversations, leur chaleur. Ca couine, ça ricane. Les gens sont cons. Moi aussi surement, mais ça ne me dérange pas.

Ca dure comme ça un moment, et puis je finis par descendre à mon tour. L’oppressante chaleur laisse place aux brulants rayons du soleil qui m’agressent les yeux. Ils repartent. A l’intérieur, ça parle, ça ricane, ça suinte, ça pue, ça porte des décolletés. Ils se détestent tous.

Décidément, l’été va être long.


J'ai envie d'écrire
...
Et merde !

7.5.11

Fumisteries nocturnes (pensées personnelles à la première personne)



Tu commences à parler littérature avec un mec à deux heures du matin, et puis tu divagues sur l'écriture en échangeant des textes écrits à une époque où t'avais encore les couilles (ou la prétention?) d'aligner quelques phrases.


Alors tu te retrouves seul à lire tes vieilles divagations, en riant parfois de ta naïveté, en ayant honte de tes maladresses stylistiques ; et puis tu finis par te dire que ça n'aurait peut être pas été si mal de te forcer à continuer quand t'avais encore la foi et l'inspiration, que (peut être) ça aurait pu donné quelque chose de potable avec le temps et l'expérience.

Y a des fois, comme ça la nuit, où t'as une putain d'envie d'écrire. Ça fait tellement longtemps que t'as pas ressenti ça, comme si t'avais un flot de bourbe nauséabonde accumulé là depuis une année, prêt à être vomi aussi facilement que la mélasse d'alcools accumulés dans l'estomac après une soirée un peu trop animée. Et puis tu te marres à la simple pensée d'aligner trois lignes, déjà grisé par les premières idées qui n'ont fait que caresser ta pensée abrutie.

Tu termines par aller te coucher au petit matin, en sachant que tu ne trouveras pas le sommeil avant un moment, le cerveau en ébullition, bouffé par toutes sortes de pensées inutiles se perdant dans les méandres de ton imagination stupide, et en te disant que demain tout ça t'apparaitra bien puéril.

Et tu recommenceras à glander, en remettant à plus tard tous tes projets qui finiront dans l'oubli, par peur de l'échec. Parce qu'au final c'est ça que tu es : un couard et un lâche qui ne fait que rêver une hypothétique existence ...


L'intelligent Steve Paris pour le con Steve Paris
20/05/10

Vieux texte qui fait prendre un nouveau tournant au blog. Peut être le début d'une série de chroniques personnelles, fictives ou intimes. A suivre...